Marine marchande - Les grandes familles de navires
Françoise Massard

Navires cités dans cette page ( cliquez sur leurs noms ) : -
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Sur la page précédente, nous avons vu les deux premières familles de navires de marine marchande (hors pêche) : les navires de charge et les navires à passagers. Nous allons maintenant voir les trois autres grands groupes : les navires spécialisés, les navires de servitude (portuaires et côtiers) et les navires d'assistance (remorqueurs de haute mer). Là encore, ces classes se déclinent en sous-familles.


C. — Navires spécialisés

Sous le vocable de "navires spécialisés", on sous-entend les cabliers, les navires océanographiques, les navires offshore (supplies, navires avitailleurs, remorqueurs releveurs d'ancres, crewboats, navires stationnaires, etc.). On réserve souvent ce terme aux navires dont la vocation n’est pas essentiellement le transport "commercial" de passagers ou de marchandises.


RAYMOND CROZE

Câbliers (cable-layers)

Malgré l'explosion des communications satellitaires, le transport de l’information par câbles sous-marins connaît aujourd’hui un regain dans le monde entier, après un ralentissement il y a quelques années. La plupart des câbles de télécommunications posés aujourd’hui utilisent la technique de la fibre optique. Les navires câbliers sont donc conçus pour la pose et l’entretien de ces câbles sous-marins de haute technologie. Ci-contre, le navire-câblier RAYMOND CROZE.
Les câbles à poser sont disposés dans d'immenses cales circulaires (elles peuvent contenir jusqu'à 3 km de câbles) qui communiquent avec l’extérieur, les câbles étant dévidés vers le fond de la mer au travers d'un davier muni de réas de guidage.

Lorsque c’est possible (selon la dureté des fonds et pour des profondeurs ne dépassant pas les , ils sont enfouis ("ensouillés") par des "charrues" spécialisées (de plusieurs dizaines de tonnes). Tous les 100 km environ, un amplificateur (« répéteur ») est disposé sur le câble (il est alimenté en énergie électrique par le câble lui-même). Lorsqu’il faut intervenir sur les câbles ou sur les répéteurs, à la suite de pannes ou d’avaries, les câbles sont retrouvés au fond par des robots sous-marins (ROVs) chargés d’établir le premier diagnostic, puis saisis par des grappins. Une partie du câble est alors remontée à bord via de puissants cabestans et une très longue machine de guidage à pneus) et la réparation est effectuée dans un immense hall terminé par une salle de jointage. Une partie des travaux est effectuée sous atmosphère contrôlée. Navires de très haute technicité, généralement dotés de système de positionnement dynamique.



Navires océanographiques (oceanographic vessels)

La recherche océanographique regroupe deux champs principaux d'activités : l’étude de la mer proprement dite et celle des fonds marins qui, elle, ne peut évidemment être menée qu’en mer. De nombreuses disciplines scientifiques sont donc concernées : océanographie chimique (étude de la composition de l'eau de mer), océanographie physique (mesures de températures, densités, conductivités, etc.) à laquelle s'apparente la courantologie et autres études sur les vagues et les marées, biologie marine, géologie sous-marine dont l'étude de la tectonique des plaques, paléontologie marine, hydrographie avec lever des cartes des fonds marins, météorologie, climatologie, etc. Exemple : le MARION DUFRESNE (ci-contre).

MARION DUFRESNE
Ces navires sont donc, dès leur construction, conçus comme de véritables laboratoires flottants, le plus polyvalents possibles. Afin de faciliter la mise à l'eau des divers appareils de prélèvements d'échantillons (carottiers par exemple), ou d'instruments de mesures remorqués, ou de sous-marins télécommandés (voire habités), etc., leur pont doit être bien dégagé et relativement bas sur l'eau. Ils disposent par ailleurs d'importants moyens de levage et de tractage, dont un "treuil .pélagique" (pour les navires faisant des études d'halieutique). Bien sûr, des salles de stockage des échantillons prélevés (dont certaines à températures contrôlée), des laboratoires d'analyses, des salles informatiques pour le traitement des données, etc. Leurs emménagements doivent être suffisamment vastes et confortables pour permettre la cohabitation harmonieuse des nombreux spécialistes de disciplines scientifiques rassemblés sur une même mission. Ces navires sont utilisés pour des recherches scientifiques fondamentales, mais aussi appliquées comme la recherche pétrolière.
OCEANIC VEGA

Navires sismiques

Ces navires de recherche géophysique sont à rapprocher des précédents. Leur rôle est de fournir à l'industrie pétrolière des données précises sur les structures géologiques sous-marines. Ci-contre, le tout récent OCEANIC VEGA (livré en juillet 2010) et premier navire sismique à étrave inversée. Ils tractent de nombreux streamers ("flûtes sismiques" contenant les hydrophones) de plusieurs kilomètres de long balayant ainsi de grandes surfaces. Les hydrophones, c'est-à-dire les capteurs, récupèrent les impulsions, régulièrement envoyées par le navire, après qu'elles aient été réfléchies par les différentes couches des fonds marins. Les résultats de mesures sont ensuite traités informatiquement et présentés en 3D, ces résultats correspondant à des zones balayées de plusieurs centaines de mètres de large et de plusieurs milliers de m^tres de profondeur.


Les navires dédiés aux activités pétrolières offshore  
   
s

D. — Navires de servitude (portuaires et côtiers)


E. — Navires d'assistance - Remorqueurs de haute mer



Dernière mise à jour : 02.09.2010

© Françoise Massard
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