Mise à l'eau du MAJESTY OF THE SEAS de François Zanella (Sarreguemines 23.06.2005)
Françoise Massard
Cliquez sur les photos pour les agrandir

Sarreguemines (Moselle) est une ville lorraine située à la frontière franco-allemande (elle se trouve à moins de 20 km de Sarrebrück). Elle est par ailleurs à égale distance de Metz, Nancy ou Strasbourg (environ 90 km). Cette ville de 25 000 habitants est située au confluent de la Sarre et la Blies (le nom de "Sarreguemines" vient d'ailleurs de l'allemand "gemünd" qui signifie "confluence"). Elle dispose d'un port de plaisance fluvial, situé en rive droite de la Sarre, dans un joli cadre de verdure comme on le voit sur les photos suivantes. C'est précisément ce volet fluvial de la ville qui justifie les festivités de ce 23.06.2005… à l'occasion de la mise à l'eau d'une maquette navigable, la copie au 1/8e du paquebot MAJESTY OF THE SEAS. Invitée à cette cérémonie, je suis ravie de découvrir en même temps ces bords de Sarre que je ne connais pas. Avant de voir la genèse de cette superbe réalisation, et de nous attarder sur son auteur, François Zanella, un peu d'histoire sur les deux beaux bâtiments en rive droite face au centre-ville.


Le plus gros des deux bâtiments est le Casino des Faïenceries, construit à l'initiative de Paul de Geiger, qui dirigea la Faïencerie de Sarreguemines de 1871 à 1913. Celle-ci était, à cette époque, l'une des plus importantes manufactures d'Europe (elle employait plus de 3 000 personnes juste avant la première Guerre mondiale). Proche de ses employés et soucieux de leur bien-être, Paul de Geiger fit construire en 1878 un premier bâtiment, près de l'usine, qui comportait une salle de gymnastique, une bibliothèque et une salle de jeux. Puis il fit construire en 1890 ce Casino (alors appelé La Réunion) où se trouvait une grande salle de concert et de danse, qui pouvait également accueillir des troupes de théâtre. En donnant à ses employés des centres d'activités culturelles, il souhaitait ainsi créer de nouveaux lieux de rencontre et de convivialité qui détourneraient aussi les gens des cafés. Le Casino abrita un temps le restaurant pour les employés. Le bâtiment fut racheté par la ville de Sarreguemines en 1979. C'est de nos jours un centre de congrès. Il abrite également un restaurant, le Casino des Sommeliers. Une partie du bâtiment a été fortement endommagée par un incendie début 1959, mais il put être en grande partie restauré. La toiture de ce bâtiment et ses façades agrémentées de faïences sont inscrites à l'inventaire des Monuments historiques (depuis 1998). Le plus petit des deux bâtiments est le Pavillon de Geiger (à ses armes). C'est de nos jours l'entrée d'un vaste parc de loisirs pour les Sarregueminois. Pour les lecteurs intéressés, voir ici l'histoire de la faïencerie à Sarreguemines, via son musée. Ouverte en 1790, la manufacture a définitivement fermé ses portes en 2007.


Ci-dessous, la péniche PAULINE, un ancien automoteur de type Freycinet (un 38,50 m donc) reconverti en Capitainerie du port de plaisance de Sarreguemines et siège du Club nautique de la ville ("L'eau Reine"). Ce "gros numéro" (ainsi nommé parce qu'il portait un numéro de série peint sur toute la hauteur de la bordaille, en l'occurrence N° 193) fut construit en 1923 par le chantier Schulte & Bruns (Emden, Allemagne) sous le nom de MASTOC (son propriétaire était Pierre Vicherat de Vitry le François, bien sûr présent à cette cérémonie — il décèdera en 2014). Toute la partie avant de cet automoteur est rivetée (comme tous les "gros numéros"), mais la partie arrière (soudée) est plus récente. Il est équipé d'un moteur Renault V8.




Première étape : genèse d'un projet de construction d'une maquette navigable de paquebot

J'ai souvent dit que rien ne me prédestinait à m'intéresser à la marine marchande, mais qui aurait pu prédire q'un mineur lorrain se passionnerait pour les paquebots au point de passer 12 ans de sa vie à construire une superbe maquette de plus de 33 m de long, qui allait devenir sa maison itinérante pendant quelques années. C'est pourtant ce qui est arrivé à François Zanella. C'est en regardant à la télévision l'inauguration de feu le paquebot FRANCE en 1961, il avait alors 12 ans, qu'il se prit de passion pour ce paquebot. Il en fit aussitôt des maquettes, d'abord en papier et en carton, puis en allumettes, puis en métal (à partir de boîtes de conserves…). Le modéliste perfectionna ensuite sa technique, réalisant des maquettes de divers paquebots au 1/150e dont plusieurs obtinrent des prix à des concours de modélisme. Germa plus tard dans sa tête l'idée de réaliser une maquette d'un paquebot habitable et capable de naviguer. Il jeta son dévolu sur le MAJESTY OF THE SEAS (cf. infra) livré à Saint-Nazaire, en 01.1992, à l'armement Royal Caribbean International (siège à Miami, Floride) par les Chantiers de l'Atlantique / STX aujourd'hui. Rêvant de faire des croisières, le mineur des Houillères du Bassin de Lorraine se mit à dessiner des plans (plus d'un an et 3 000 h de travail seront nécessaires)… Il prend en parallèle contact (en 04.1992) avec les Chantiers de Saint-Nazaire pour obtenir des plans et des informations du Bureau d'Etudes qui a planché sur le paquebot de RCCL. Des premiers plans simplifiés lui sont envoyés, mais ceux-ci ne le satisfont pas pleinement. Alors, il revient à la charge et pose des questions de plus en plus pointues, qui intriguent évidemment ses interlocuteurs nazairiens. Il finit par être invité au chantier. Convaincu par son projet, et emprunt d'une grande force de conviction, François Zanella finit par entraîner l'adhésion des ingénieurs et architectes navals du chantier qui non seulement valident ses plans, mais font pour lui des calculs de stabilité de son futur bateau. Celui-ci ne sera évidemment pas homologué pour la mer mais pourra naviguer en rivière. C'était en 1993.



Deuxième étape : construction par François Zanella d'un modèle réduit au 1/8e du MAJESTY OF THE SEAS de RCCL

C'est durant l'été 1994 que François Zanella se lance dans la construction navale… dans le jardin de sa maison de Morsbach, commune de 3 000 âmes située à plus de 375 km du port le plus proche, en l'occurrence Anvers ! Bien sûr, ce projet un peu (c'est un euphémisme) "fou" fit au début de nombreux sceptiques dans son entourage, mais sa volonté et son enthousiasme sont tellement forts qu'ils finissent pas être communicatifs. Il fédère de plus en plus de monde autour de lui, dont certains ouvriers du chantier de Saint-Nazaire qui viennent l'aider pendant leur vacances, des soudeurs en particulier. Les mosellans, et bientôt d'autres, se mobilisent également, des particuliers qui viennent l'aider, mais aussi de plus en plus d'entreprises qui lui fournissent gracieusement du matériel (comme les sociétés Gesa soudure et Carboxylique qui lui fournissent 1 t de fil à souder et des bouteilles de gaz, Manu Lorraine qui lui donne des matériels pour construire l'ascenseur, etc.) et des matériaux (tôles d'acier fournies par Usinor Sacilor Sollac / ArcelorMittal aujourd'hui, laine de roche fournie par Rockwool, panneaux de cloisons, moquettes, blocs sanitaires et éléments de mobiliers fournis par les Chantiers de l'Atlantique / STX et leur filiale Ateliers de Montoir et livrés gracieusement en Moselle par la société SNAT, deux hélices fabriquées et données par France Hélices, arbres d'hélices fournis par Schaeffer Industrie, chaudière au fioul De Dietrich, cheminée rabattable construite par la société Becher, colle d'étanchéité fournie par la société Wurth, station de video-surveillance avec huit caméras donnée par le groupe luxembourgeois Omnisecurity, certains sanitaires fournis par Aquarine, portes de douche fabriquées sur mesure par la société Ronal, etc.), que des transporteurs acceptent de lui livrer gracieusement. Une véritable chaîne solidaire s'est ainsi progressivement construite autour de François Zanella et son projet. Le futur "armateur" bénéficie également des conseils éclairés des techniciens des Chantiers de l'Atlantique à chaque fois qu'il se rend à Saint-Nazaire. Il sera aussi invité à bord de plusieurs paquebots RCCL, comme le SPLENDOUR OF THE SEAS (en 1996) et le MAJESTY OF THE SEAS (il sera invité pour une croisière à son bord en 1999). Les travaux se poursuivent pendant onze ans. François Zanella passe tout son temps libre sur le chantier, partageant sa vie entre la mine et son bateau.

Quelques dates-clé : 08.1994, début de la construction - 07.1995, achèvement de la section avant - 06.1997, achèvement de la section arrière - 1998, réalisation de la section centrale - 07.1998, assemblage des trois blocs avec l'aide de soudeurs du chantier nazairien : le MAJESTY OF THE SEAS est né (il est alors posé sur tins en béton par la société TSV) - 11.1999, les emménagements commencent à prendre forme, mais se poursuivront jusqu'à sa mise à l'eau en 06.2005.


Troisième étape : mise à l'eau de la réplique au 1 / 8e du MAJESTY OF THE SEAS le 23.06.2005 à Sarreguemines

La mise à l'eau du MAJESTY OF THE SEAS est faite au port fluvial de Sarreguemines, à partir du quai des Faïenceries (l'industrie faïencière était, il n'y a pas encore très longtemps, synonyme de Sarreguemines, comme on l'a dit en début de dossier, y étant implantée depuis la fin du XVIIIe siècle et ayant perduré jusqu'au début des années 2000).



Le bateau a donc été transporté de son chantier de Morsbach (banlieue de Forbach) jusqu'à Sarreguemines (villes distantes de 30 km) par convoi routier exceptionnel de grande envergure, accompagné par la gendarmerie de Forbach. Le MAJESTY OF THE SEAS a quitté son chantier de Morsbach à 04h30 le 22.06.2005, sous l'acclamation de centaines de voisins qui brandissaient des banderoles avec "Bon vent Capitaine". Le camion, qui appartient à la société W.Mayer (Zweibrücken, Allemagne), est à suspension hydraulique et a pu s'abaisser pour passer sous certains ponts. Le transfert aura demandé environ 8 h, avec escorte de motards, de voitures de gendarmerie et le soutien d'un hélicoptère. Il est arrivé à Sarreguemines le 22.06 à 13h, pour une mise à l'eau le lendemain matin.



C'est une grue automotrice de 800 t de capacité de levage qui le fait passer du camion à l'eau de la Sarre. Cette grue appartient à Steil Kranarbeiten.



Le nombreux public retient son souffle pendant cette délicate manœuvre, et quand enfin le MAJESTY OF THE SEAS flotte, c'est un tonnerre d'applaudissements qui retentissent, accompagnés de nombreuses cornes de brume. La foule scande "Gluck auf", titre de la célèbre chanson des "Gueules noires" lorrains et allemands (qui signifie "Bonne remontée", souhait évident de tout mineur, et plus généralement "Bonne chance"). Le futur capitaine, François Zanella, est envahi par l'émotion, ne pouvant cacher quelques larmes… bien normales après 12 années d'un travail acharné. Un rêve de plus de 40 ans enfin devenu réalité. C'est une équipe des VNF (Voies Navigables de France) qui assurent l'amarrage du bateau au quai de la Faïencerie et mènent les différentes personnalités à bord.



Homologué pour la navigation européenne en eaux intérieures (nom officiel de la navigation sur fleuves, rivières et canaux de toute l'Europe), ce "modèle réduit" a donc dû subir quelques aménagements par rapport à son "grand frère" maritime car il doit bien sûr pouvoir passer les écluses et sous les nombreux ponts qui enjambent les "chemins d'eau". C'est ainsi que sa cheminée, son mât et la rambarde de la terrasse sont rétractables. Des ballasts ont été aménagés dans les fonds (pouvant embarquer 22 t d'eau) de façon à pouvoir faire baisser le bateau en passant sous l'intrados de certains ponts ou tunnels. Ce paquebot dispose de trois ponts : le premier comporte trois chambres, une salle de bain, la cuisine et la salle des machines, le deuxième est occupé par la salle de séjour, une deuxième salle de bain, la timonerie et le garage (pouvant accueillir une voiture), le troisième pont donne accès à la terrasse.



MAJESTY OF THE SEAS (Sarreguemines) - Maquette au 1/8e - 33,50x4,95 m - TE 1,06 m - TA 3,80 m (cheminée rabaissée) - Déplacement 102 t (en eau douce) - Ptot 150 kW (deux moteurs) - Prop.d'étrave (2 x  38 kW) - Trois ponts desservis par escalier et ascenseur - Côté emménagements, 160 m2 habitables s'inspirant tous de divers paquebots de la Royal Caribbean (salon, salle à manger, trois chambres, une cuisine, deux salles de bain) - 60 m2 de terrasse - Garage pour une voiture - Constr. 06.2005 ("Chantier François Zanella", Morsbach, Moselle, France) - Pav. FRA.

Quelques chiffres complémentaires : 2 t de peinture - 700 m2 de laine de roche - 150 m2 de moquette.

Ci-dessous, le "modèle"… en vraie grandeur (photos RCCL).



MAJESTY OF THE SEAS (Nassau) - IMO 8819512 - Indicatif d'appel C6FZ8 - MMSI 311734000 - Paquebot de croisières - 268,32x32,20x9,70 m - TE 7,85 m - JB 74 077 - JN 47 599 - PL 6 953 t - P 21 840 kW (quatre moteurs 4T-9cyl Pielstick-SEMT 9PC20L400 / deux hélices à pas variable) - V 20 nd - Trois propulseurs transversaux (av. 2 x 1 720 kW / arr. 1 x 1 720 kW) - Générat. aux. 6 x 2 110 kW - Cap. 2 744 passagers (1 178 cabines) - Equipage 827 - Constr. 03.1992 (Chantiers de l'Atlantique, Saint-Nazaire, France) - Propr./Gérant/Opérat. Royal Caribbean Cruises Ltd / RCCL (Miami, Etats-Unis) - Pav. BHS. Sisterships : MONARCH (IMO 8819500 / 1991) - SOVEREIGN (IMO 8512281 / 1987).

Diverses allocutions sont prononcées, dont celle de Céleste Lett, député-maire de Sarrguemines (deuxième photo), celle de Maud Fontenoy (quatrième photo), la marraine du MAJESTY OF THE SEAS de François Zanella (ici en capitaine épanoui mais ému), de membres des Chantiers de l'Atlantique et de quelques-uns des nombreux sponsors.



François Zanella est né à Oeting (Moselle) le 25.03.1949, d'un père italien et d'une mère mosellane. Electricien en bâtiment de profession, il a effectué une bonne partie de sa carrière aux Houillères du Bassin de Lorraine (travaillant pendant 23 ans à 1 000 m sous terre).

Maud Fontenoy, célèbre navigatrice à la rame, est née le 07.09.1977. Elle fit sa première traversée de l'Atlantique à la voile à l'âge de… 7 j sur le voilier familial ! Elle partage le début de sa carrière entre la direction d'une agence immobilière et sa passion de la mer, et est très investie dans une association (qu'elle a créée) d'aide à l'insertion des jeunes en difficulté par l'intermédiaire de la navigation. Elle traversa l'Atlantique à la rame (en solitaire et sans assistance) en 2003 (quatre mois de mer entre Saint-Pierre et Miquelon et La Corogne) et le Pacifique (du Pérou à la Polynésie française, 4 300 milles sur la fameuse route du Kon-Tiki) à la rame en 2005 (un peu moins de trois mois de mer), à bord de son bateau Océor équipé pour 150 j d'autonomie.

Une fois le bateau baptisé, un pilote et des bateliers confirmés déhalent le MAJESTY OF THE SEAS du quai des Faïenceries et viennent l'amarrer à couple de l'automoteur PAULINE (vu précédemment).



Tandis que la fête se poursuit entre petits fours et talentueuses interventions musicales de l'Harmonie Municipale et du Choeur d'hommes de Hombourg-Haut, la camion allemand qui a transporté le paquebot-modèle réduit (de 33,5 m quand même) a totalement replié sa structure (pas de photo), ce qui lui permettra de retourner en Allemagne cette fois-ci sans assistance (obligatoire à l'aller en tant que convoi exceptionnel), belle technologie là aussi, et le camion-grue (ci-dessous à droite) — de la société Steil Kranarbeiten (Allemagne et Luxembourg) qui dispose de toute une flotte de grues automotrices — se prépare lui aussi pour reprendre la route.



Plus de 30 000 h de travail (sur 12 ans) ont été nécessaires pour réaliser cette maquette au 1 / 8e du MAJESTY OF THE SEAS.



Encore six mois de travaux de finition seront nécessaires avant que la famille Zanella s'installent à bord et puissent naviguer à leur gré sur les voies navigables de France et d'Allemagne.


Mise à jour du dossier (21.05.2015)

Quatrième étape : navigation du MAJESTY OF THE SEAS en France et en Allemagne (2006-2013)

A partir de mi-2006, François Zanella et son épouse sillonnent fleuves et canaux du Nord-est de la France et d’Allemagne. François Zanella parcourera ainsi, à la barre de "son paquebot", près de 10 000 km (en fluvial on parle en kilomètres et non en milles) et franchira quelque 1 800 écluses. Bien sûr, à chaque escale, le MAJESTY OF THE SEAS suscite toutes les curiosités des locaux. En 2008, le capitaine repeint complètement son bateau et fait procéder en 2011 à un sondage de coque (résultat parfait, le paquebot peut encore naviguer 100 ans !).



Epilogue : le MAJESTY OF THE SEAS à quai depuis 2013, en attente d'un repreneur

Mais cette belle histoire prendra hélas fin en 2013 car le mineur devenu armateur (et capitaine) souffre de graves problèmes cardiaques. Le bateau reste alors à quai à Sarreguemines, son port d'attache. "On ne vend pas un truc qu'on a fait pendant douze ans, juste comme ça", dit-il la gorge serrée et les larmes aux yeux, quand il met son bateau en vente (avec l'aval de RCCL). "Que ferait ma femme avec ce bateau sur les bras ?", avait-il dit un jour. C'est pourtant hélas ce qui vient d'arriver, puisque François Zanella vient d'être emporté par sa maladie (12.05.2015) et que "son paquebot" est toujours en attente d'un repreneur (coût estimé : autour de 1 M€, négociable car le capitaine Zanella aurait voulu le voir continuer à naviguer).


François Zanella a tiré sa révérence le 12.05.2015, à 66 ans, encore jeune donc, et bien trop tôt puisque seulement moins de dix ans après l'achèvement d'un projet d'une vie. Mais que sa persévérance et son enthousiasme pour aller au bout de son rêve restent un exemple pour tous. Détermination, abnégation, sacrifices, patience, autant de qualités qui ont en effet été nécessaires à l'aboutissement de ce rêve fou… une vraie école de vie. Trente ans de rêve, douze ans d'un travail acharné et seulement sept ans pour en profiter, c'est évidemment bien court, hélas pour lui et sa famille. Ainsi s'exprimait François Zanella au moment de son retour définitif à quai : "Mon plus grand regret, c’est de me séparer trop tôt du bateau mais, si c’était à refaire, je crois que je le referais, car c’était une belle aventure." Bravo à sa mémoire et nos pensées à Jasmine, son épouse, et à Cathy et Cindy, ses filles, qui l'ont toujours soutenu.


Françoise Massard - 22.05.2015

© Françoise Massard 
 www.cargos-paquebots.net