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Cargo-musée CAP SAN DIEGO à Hambourg (Visite à bord / 14.08.2013)
Françoise Massard
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Ce cargo mixte CAP SAN DIEGO, construit en Allemagne en 1962 (livré le 27.03.1962) pour l'armement Hamburg Süd, faisait partie d'une série de six navires, connus comme les "cygnes blancs de l'Atlantique Sud", ses sisterships étant les CAP SAN ANTONIO - CAP SAN AUGUSTIN - CAP SAN LORENZO - CAP SAN MARCO - CAP SAN NICOLAS. Totalement "hambourgeois", puisque construit au Deutsche Werft d'Hambourg, sur les plans de l'architecte naval hambourgeois Cäsar Pinnau (1906-1988), le CAP SAN DIEGO assura pendant ses vingt premières années la ligne régulière Allemagne - Côte Est de l'Amérique du Sud, comme ses confrères d'ailleurs (un navire de la série quittait Hambourg toutes les semaines). Mais le développement de la conteneurisation au début des années 1970-1980 lui fut fatal et Hamburg Süd le vendit en 1981 à l'armement espagnol Ybarra y Compania (fondé en 1860) qui le fit naviguer jusqu'en 1986. Il fut alors revendu, mais cette fois-ci théoriquement pour être ferraillé sous le nom de SANGRIA. Ce nom plutôt festif lui porta finalement chance puisque le Sénat de la Ville Libre et Hanséatique de Hambourg, prenant conscience qu'avec le démantèlement de ce dernier navire de la série des "Cap San X", une partie du patrimoine maritime de la seconde moitié du XXe siècle et, en particulier, de la construction navale allemande de cette époque serait définitivement perdue, décida finalement de le racheter et le fit revenir à Hambourg qu'il toucha le 31.10.1986.


CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO

Une fondation (Stiftung Hamburger Admiralität) fut créée pour gérer ce futur musée flottant, et après restauration, le "freighter" devint le navire-musée que l'on connait aujourd'hui. Il est bien sûr ouvert à la visite et héberge régulièrement des expositions temporaires (la cale 3 a été transformée à cet effet). On peut également y louer des cabines à l'occasion d'évènements particuliers. De plus, se tient dans les cales 4 et 5 réaménagées une exposition permanente sur l'immigration européenne vers le Nouveau Monde (entre 1834 et 1920, cinq millions d'émigrants transitèrent par Hambourg). La fondation est responsable de sa préservation et de sa navigabilité, car il embarque de temps en temps des passagers (jusqu'à 500) pour une navigation sur l'Elbe par exemple. Il passe donc régulièrement en cale sèche et Hamburg Süd a déjà fait plusieurs donations pour aider à son entretien.  Site du musée.


CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
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CAP SAN DIEGO

Le CAP SAN DIEGO est un cargo conventionnel (pour l'époque), avec cinq cales (1 - 2 - 3 à l'avant du château, 4 - 5 à l'arrière). Il disposait en plus de six citernes pour pouvoir transporter des produits alimentaires liquides. Ses cales 2 - 3 - 4 comportent des installations frigorifiques pouvant abaisser leur température jusqu'à - 25 °C. Il transportait classiquement des produits conditionnés en sacs, boîtes, balles, tonneaux, etc., voire non emballés, le tout saisi en cales et sur le pont. Dans le sens Allemagne - Amérique du Sud, il transportait essentiellement des voitures et tracteurs, divers équipements industriels, de l'acier, du matériel électronique, des téléviseurs, des batteries, des matériels de bureaux, divers produits chimiques, des peintures, des médicaments, etc. Au retour, ses cales étaient remplies de produits locaux : café, tabac, viande congelée, oranges, cuirs, etc.


CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
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Le chargement / déchargement des marchandises se faisait avec les nombreux moyens de levage du bord : une grue de 50 t de capacité de levage et dix-huit mâts de charge de capacité allant de 3 à 15 t. Sur les deux photos de droite, plage avant avec l'une des chaînes d'ancres (le CAP SAN DIEGO dispose en tout de trois ancres, d'un poids total de 14 370 kg, les chaînes mesurant 600 m de long).


CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO

Le cargo disposait de deux canots de sauvetage motorisés, pouvant être équipés de mâts et voiles. A bord, des produits de survie (eau, lait condensé, biscuits à haut pouvoir calorique) et bien sûr des signaux de détresse. Sur la troisième photo, échelle de pilote dans sa position de mer. A droite, aileron de passerelle tribord.


CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO

En haut du bel escalier (tout de boiserie constitué) menant à la passerelle, une reproduction du CAP SAN DiIEGO en route, du temps de sa navigation commerciale. Sur la troisième photo, bureau / salle de réunion / salon du "Captain". La photo suivante montre l'hôpital du bord, un bien grand mot sans doute pour cette petite pièce avant tout pharmacie. Ce navire étant un cargo mixte, il transportait des passagers et, régulièrement, des médecins faisaient la traversée, sans salaire mais nourris - logés, des vacances à pas cher en quelque sorte. Il n'y avait heureusement pas souvent de malades ou blessés à bord, et l'infirmerie servait alors de cabine additionnelle (double) pour passagers et/ou épouses de membres d'équipage. Quant à la piscine du bord, elle était essentiellement destinée aux passagers. Les membres d'équipage n'y avaient accès qu'entre 19h et 20h, pendant que les passagers étaient en train de dîner.


CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
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Quelques vues de la passerelle. Lorsque le navire était en route, il y avait toujours deux personnes de quart : un officier et un matelot. A l'approche des terres ou lorsque les conditions météorologiques se dégradaient, le commandant était bien sûr présent et parfois d'autres officiers. Barre à roue et chadburn caractéristiques des navires de cette époque. Sur la photo de droite, table à cartes (avec ses grands tiroirs où étaient stockées les cartes) dans la "Chart Room". C'était également le bureau de l'officier radio.


CAP SAN DIEGO
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CAP SAN DIEGO

Quelques exemples de cabines. A droite, la salle à manger (très sobre).


CAP SAN DIEGO
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CAP SAN DIEGO
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Motorisé par la célèbre firme allemande d'Augsburg, la Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg AG (plus connue sous le nom de MAN), le CAP SAN DIEGO comporte un seul moteur Diesel lent (118 tr/min) deux temps - neuf cylindres développant une puissance nominale de 8 569 kW et assurant au navire une vitesse de croisière de 19 nd (il atteignit 20,3 nd lors des essais à la mer). Ci-dessous, quelques vues des pompes à injection.


CAP SAN DIEGO
CAP SAN DIEGO
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A la vitesse de croisière de 19 nd, la consommation journalière de fuel lourd était d'environ 40 t. L'air comprimé (10 000 L) était à une pression de 30 bar. L'eau douce était fournie par deux bouilleurs (fabriqués l'un par Deutsche Werft et l'autre par Kieler Howaldtswerke).


CAP SAN DIEGO
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A gauche, la salle des séparateurs. A droite, la ligne d'arbre.


CAP SAN DIEGO
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Quatre moteurs auxiliaires couplés à leurs générateurs fonctionnaient en tout ou partie pour la réfrigération des cales et pour fournir l'électricité du bord quand le navire était à quai.


CAP SAN DIEGO
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CAP SAN DIEGO
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CAP SAN DIEGO

Premier niveau de cale. Réserve d'aussières dans le peak avant. Détails du vaigrage.


CAP SAN DIEGO
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CAP SAN DIEGO (Hamburg) - IMO 5060794 - Indicatif d'appel DNAI - MMSI 211855000 - Ex cargo de divers devenu navire-musée stationnaire - 159,40x21,47x11,57 m - TE 8,50 m - JB 9 998 - JN 4 785 - PL 10 017 t - P 8 569 kW (mot. 2T-9cyl MAN K9Z78/140D / hélice à pas fixe) - V 19 nd - Cap. GRN 8 550 m3 (5 cales) / 12 passagers - Equipage 16 - Mâts de charge (1x50 t / 4x15 t / 12x5 t / 2x3 t) - Constr. 1962 (Deutsche Werft, Hambourg, Allemagne) - Pav. DEU - Ex SAN DIEGO (1982-1986) - Ex CAP SAN DIEGO (1962-1982).


Françoise Massard - 26.09.2013

© Françoise Massard 
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