Missions "ordinaires" à bord du baliseur océanique GASCOGNE (mai 2010)
Françoise Massard
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La politique actuelle des Phares et Balises est de développer la maintenance préventive des ESM, plutôt que des sorties ponctuelles de dépannage. Cependant, afin de réduire les coûts, et en particulier de minimiser les frais de carburants, un planning d’interventions cycliques regroupées est établi et régulièrement mis à jour. Ainsi, le baliseur GASCOGNE enchaîne une deuxième mission, identique sur le principe à celle de ce matin, mais sur la bouée Q.R. N°2 (45° 38',240 N - 001° 22',824 W), cf. carte électronqiue ci-dessous.

Sitôt le repas terminé, le Chef mécanicien et ses adjoints descendent à la salle des machines, où je les accompagne. On voit ici, au PC machines, le Chef relancer les moteurs principaux. Du PC, vue complète sur les moteurs et installations connexes. Pas le temps cette fois-ci de m'attarder sur les moteurs (... ce sera pour la prochaine fois !), il me faut remonter à la passerelle car nous sommes presque sur zone. Au pupitre de commande "balisage", un écran permet de visualiser en permanence le déroulement des manœuvres de relevage et de descente des bouées.



Contrairement à ce matin, je suis les opérations du haut de la passerelle, de façon à avoir un autre point de vue. Le pont est bas sur l'eau, de façon à faciliter les manœuvres, mais du coup les hommes d'équipage sont bien proches des éléments, et quand on pense qu'ils peuvent être amenés à sortir par gros temps (en cas de dépannage d'urgence, par exemple), on comprend qu'une bonne maîtrise des outils et une bonne formation sont indispensables.


Le déroulement des opérations pour cette deuxième mission étant le même que pour la mission de ce matin, je vais plutôt présenter lplus en détail ce type de bouée "nouvelle génération", largement mise au point par le CETMEF (dont on a parlé page précédente). Le pylône (partie émergée) est en aluminium revêtu de peinture polyuréthane. Il porte le fanal abritant la DEL (diode électroluminescente) et est surmonté d'un mât portant la marque de jour. Le flotteur est constitué de quatre quarts de flotteur en polyéthylène (PE), remplis de mousse polyuréthane, et fixés sur un porte-flotteurs central en acier (revêtu d'une peinture anti-corrosion), des colliers de serrage complétant l'ensemble. Le pylône est fixé sur le flotteur, avec une plaque intermédiaire isolante en PE. Au-dessous du flotteur, la queue de la bouée, en acier, munie d'une dérive et, à sa base, d'un lest. La bouée sera ensuite frappée sur la chaîne reliée au bloc de 5 t posé sur le fond.


Ces bouées sont dites "modulaires". La hauteur du pylône varie, selon les bouées, de 2,5 à 4,1 m. Trois volumes de flotteurs possibles : 5 - 6 - 8 m3.


On voit très bien ci-dessous le rôle du câble de guidage mentionné sur la page précédente, et la nécessité de monter sur la bouée pour aller en frapper l'extrémité sur le haut du pylône.


Comme on le voit ci-dessous, la flèche de la grue hydraulique est équipée de deux crochets de levage : l'un (principal) de force de levage de 15 t (jusqu'à 8 m) et l'autre (secondaire) de force moindre (6 t jusqu'à 7,6 m). Ces nouvelles bouées en composites pèsent de 3,6 à 4,6 t, contre 14 t pour celles en acier de la génération précédente. A droite, quelques vues du château sous différents angles.


Deuxième mission terminée, le pont est lavé (les moules aussi !), la grue est mise à son poste de mer et nous prenons la route du retour. Je fais mon "tour du propriétaire" et prend quelques photos de la plage avant du GASCOGNE.


Gros plan sur le logo des Phares et Balises. On notera, à droite, que le baliseur porte quasiment en permanence la marque de "navire à capacité de manœuvre restreinte" (boule - bicône - boule).


Je reviens à la passerelle (à gauche, l'escalier d'accès intérieur), puis rapide lecture de la carte électronique


Au loin, le mythique phare de Cordouan (dossier de visite en cours de rédaction). Puis nous dépassons la "Chaise" (qui porte bien son nom !), .feu antérieur de l'alignement d'entrée de la "Passe de l'Ouest" au 81,5° .



Précision : le chenal d'accès, de la bouée d'atterrissage BXA (cf. page précédente) jusqu'au Verdon, a une largeur d'environ 500 m. La profondeur d'eau est de 35 m à la bouée BXA et ensuite de 11 m dans la passe. Le chenal est bordé de bouées radars, et une station radar centralisée (l'une des plus puissantes et des plus modernes d'Europe) est installée à La Palmyre. Grâce à ces radars, les pilotes de la station du Verdon (reliée au radar de La Palmyre) peuvent guider les navires à distance, en tout cas pour ceux dont la longueur est inférieure à 120 m et qui ne transportent ni hydrocarbures, ni produits dangereux. Sinon, un pilote rejoindra physiquement le navire à la bouée BXA (soit avec la vedette basée à Port Bloc, soit par hélitreuillage).


Arrivée sur Port Bloc - Le Verdon, où se situe le terminal (rive gauche) des bacs de Gironde partant de Royan (à quai L'ESTUAIRE). La vedette de pilotage quitte le port au moment même où nous y accostons.


Voilà donc le GASCOGNE revenu à son quai de service. Nouvel appareillage prévu demain...


A ma descente du GASCOGNE, le Commandant Jouison m'a gentiment emmenée visiter les bureaux, ateliers (mécanique, électronique, peinture, etc.) et parc de stockage de la Direction locale des Phares et Balises.


La modernisation de leur outil de travail, engagée en 1998 par les Phares et Balises, s'est toujours faite dans le respect de l'environnement. Plus de 350 anciennes bouées en acier ont été ferraillées et remplacées par les bouées de "nouvelle génération" (présentées dans ce dossier) dont les flotteurs sont en composites 100 % recyclables. Un tri sélectif des déchets a été mis en place : batteries, pneumatiques, peintures, etc., sont stockés dans des abris étanches jusqu'à leur évacuation par des entreprises extérieures agréées. Eaux grises, eaux noires, huiles usées, eaux de fonds de cales sont récupérées pour traitement avant rejet. Enfin, tous les bâtiments à terre et la cinquantaine de navires constituant la flotte des Phares et Balises ont été traités anti-amiante.


Pour plus d'informations: Ministère de l'Ecologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer : www.developpement-durable.gouv.fr/ et Centre d'études techniques maritimes et fluviales (CETMEF) : www.cetmef.equipement.gouv.fr



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Françoise Massard - 11.06.2010
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