Port de Dieppe (26-28 février 2006)
Françoise Massard
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Ce port fut prospère dès le Moyen-Age, en tant que port de pêche d'abord : ce fut lui qui approvisionna longtemps Paris en poissons frais et coquilles St-Jacques. Colbert (en 1672), Vauban, puis Trudaine (en 1776) proposèrent successivement des plans d'agrandissement, mais ce n'est qu'au début du XIXsiècle que sont creusés de nouveaux bassins. C'est surtout à Freycinet que l'on doit, en 1880, le nouvel établissement maritime, point de départ des installations actuelles. Mais c'est bien sûr le Service Passagers Dieppe-Angleterre, créé en 1790, qui dynamise le port de Dieppe (Dieppe-Brighton et Dieppe-Newhaven).
(Cf. l'ouvrage "L'Histoire de la Ligne Transmanche" par Peter Bailey et Claude Féron).

Côté Marine Marchande, le port de Dieppe, d'abord considéré comme un port charbonnier, acquit très vite la réputation de premier port bananier de France et deuxième port fruitier (après Marseille) et ce jusqu'à ce que le trafic avec les Antilles soit déplacé vers Le Havre (1981).
Lire à ce sujet les ouvrages de Paul Bonmartel : "A bord des bananiers. Dieppe-Rouen-Le Havre-Les Antilles" et de Franck Boitelle & Pierre Lefebvre : "Quai des Bananes"
Le port actuel (cf. plan ci-contre) comporte quatre zones : le Terminal de la Transmanche Ferries, au pied du sémaphore, le port de plaisance, aménagé dans l'avant-port, le port de pêche installé dans le Bassin Duquesne, le port de commerce étalé dans l'arrière-port, le Bassin du Canada et le Bassin de Paris.
La ligne Transmanche était assurée, jusqu'à l'arrivée du COTE D'ALBATRE, le 27 février dernier, par le DIEPPE (cf. ci-dessous) et le SARDINIA VERA, ce dernier étant loué à la Corsica Ferries (il vient d'ailleurs de repartir vers l'Italie, depuis la remise en service le 01.04.2006 du DIEPPE au retour de son arrêt de maintenance).
DIEPPE
DIEPPE
DIEPPE
DIEPPE
Le DIEPPE, au pied du Sémaphore, au quai de Transmanche Ferries (premier bassin en venant du large, entre les deux jetées), le 26.02.06 au soir
DIEPPE
DIEPPE
DIEPPE
DIEPPE
Et là, le 28.02.06 en début de matinée, cap vers Newhaven

De la haute mer, pour gagner les bassins de commerce, il faut emprunter le chenal et franchir le pont Colbert
Le chenal reliant l'avant-port au Bassin du Canada et au Bassin de Paris et le pont Colbert
Pont tournant contemporain de la Tour Eiffel (sa construction s'est étalée entre 1887 et 1889), le pont Colbert a été construit selon la même technique. En revanche, ce n'est pas l'entreprise Eiffel qui l'a construit mais la Société de Ponts et Travaux en Fer, sous la direction de l'ingénieur Paul Alexandre. Long de 70 m, il pèse un peu plus de 800 t. Les deux photos de droite montrent la Capitainerie vue sur deux côtés opposés.

Avant d'atteindre les bassins de commerce, les cargos venant du large laisseront, à tribord,
le port de pêche et le port de plaisance

Port de pêche, fermé par une écluse
et donc maintenu à flot
quelle que soit la marée
Port de plaisance, situé à l'emplacement de l'ancienne gare maritime Dieppe-Newhaven
(d'où les pylones en béton)
Amarré au ponton Vauquelin, le remorqueur CHAMBON SIROCCO, et derrière la pilotine

Les cargos, après avoir embouqué le Chenal, puis traversé l'arrière-port, atteignent le Bassin du Canada, puis le Bassin de Paris

Passe d'accès débouchant dans le Bassin du Canada

Côté Chantier naval

Bassin de Paris
Les trois remorqueurs de Dieppe. L'un est amarré à l'entrée du port de plaisance (près du chenal) : le CHAMBON SIROCCO
tandis que les deux autres : l'OBSTINE et le GABRIEL DE CLIEU
sont à quai à l'entrée du port de commerce
Légende inutile !

A quai dans le Bassin de Paris, le SPLITTNES (IMO 9101730), l'un des plus gros cargos accueillis à Dieppe


Construit en 1994 (Kvaerner Kleven, Ulsteinvik, Norvège) sous le patronyme KARI ARNHILD pour la Société du même nom (Cuxhaven, Allemagne), ce vraquier muni de son propre et important système de déchargement est exploité par Cuxship Management (Cuxhaven également) et navigue sous pavillon Antigua & Barbuda (ATG). Il est spécialisé dans le transport de matériaux pierreux (roches concassées, granulats, etc.) destinés à la construction et aux travaux publics, principalement entre les carrières Norvégiennes du Groupe Heidelberger Zement AG et le Nord de la France, la Grande-Bretagne et la Pologne.
Long de 168 m (il vient d'être jumboïsé) et large de 20,5 m, son creux est de 12,8 m et son tirant d'eau de 9,5 m. Sa jauge brute est de 9 855 ums et sa jauge nette de 4 616 ums, avec un port en lourd de 18 000 t. Sa puissance est de 3 750 kW (motorisation Wartsilä), sa vitesse de 14,5 nd.
Le H de la cheminée est celui de Hartmann, du nom (Hans-Juergen Hartmann) propriétaire de Mibau Baustoffhandel GmbH et partenaire de Heidelberger Zement AG. Son système de déchargement, construit par le suédois BMH Marine (Groupe Babcock & Wilcox), est capable d'évacuer 3 000 t de matériaux à l'heure. Sa bande transporteuse est longue de 80 m. Au fond sur les deux photos de droite, le COTE D'ALBATRE, lors de son arrivée inaugurale à Dieppe.

Bassin de radoub

A la fin du XVIIIe siècle, le port et le chenal sont envahis par les galets. Aussi, en 1778, des travaux sont-ils entrepris pour y remédier : un bassin de retenue des eaux, un canal et une écluse de chasse ainsi qu'une nouvelle entrée pour le port sont créés. Les travaux sont interrompus en 1790 et la nouvelle entrée est abandonnée. Cependant, le bassin de retenue et le canal de chasse, achevés, demeurent afin d'évacuer les galets et le sable. A la fin du XIXe siècle, de vastes travaux sont entrepris, incluant la forme de radoub ci-contre construite, entre 1892 et 1895, sur une partie du canal de chasse abandonné. De longueur initiale 110 m, cette cale sèche a été allongée à 130 m en 1965.

Enfin, Dieppe, c'est aussi...
Sa plage de galets (et la jetée ouest)
Son front de mer
Ses falaises
Et ses magnifiques couchers de soleil sur la mer

Françoise Massard - 17.09.2011

© Françoise Massard
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