Voyage au pays des Inuits à bord du LYUBOV ORLOVA (août 2008) / Projet
Françoise Massard
 
Voyage (12 au 27.08.2008) proposé par Mer et Voyages
 

12 jours de navigation en Océan Arctique, 12 jours d'exploration du Grand Nord en compagnie de Yves Paccalet
à bord d'un navire d'expéditions, le LYUBOV ORLOVA, et ce dans le plus grand confort

L'océan Arctique est bordé, au sud, par l'océan Atlantique (puis la mer de Norvège et la mer de Barents) et, au Nord, par la mer de Bering


Le LYUBOV ORLOVA (IMO 7391434) fut construit (sous son nom actuel) en 1976 par le chantier Titovo à Kraljevica (Croatie). Il a été entièrement rénové en 1999. Son port d'attache actuel (2008) est La Vallette (Ile de Malte). Il navigue donc sous pavillon MLT (il est géré par Lubov Orlova Shipping, Malte). Il peut accueillir au maximum 112 passagers (le navire dispose de 59 cabines) et son équipage compte 70 membres. Il est affrété par Quark Expeditions. C'était à l'origine un navire d'exploration exploité par le gouvernement russe pour des expéditions scientifiques en Arctique et Antarctique. Sa coque est évidemment renforcée glace.




Long de 100,01 m pour une largeur de 16,24 m et un creux de 6,99 m, il a un tirant d'eau de 4,65 m. Sa jauge brute est de 4 251 ums et sa jauge nette de 1 454 ums, tandis que son port en lourd est de 1 495 t. Ses deux moteurs diesel 2T-8cyl B&W-Uljanik 8M35BF-62 développent une puissance totale de 3 884 kW sur ses deux hélices à pas fixe. Sa vitesse maximale est de 17,2 nd, mais sa vitesse de croisière est plutôt de l'ordre de 12-13 nd.

Le LYUBOV ORLOVA, photographié par le Cdt Frank, alors qu'il naviguait à l'autre pôle (Ushuaia fin février-début mars 2007)

Cette navigation est un voyage de découverte. Aussi l'accès aux ponts d'observation est-il entièrement libre, de même que l'accès à la passerelle (de jour comme de nuit)... fait extraordinaire car cela est de plus en plus rare eu égard aux contraintes du Code ISPS. Les schémas ci-dessous montrent la disposition des emménagements sur les cinq ponts du navire.


Le LYUBOV ORLOVA dispose d'une vaste salle à manger, d'un salon-bar, d'une bibliothèque, d'une boutique, etc. Il existe à bord quatre types de cabines (suites au niveau du pont supérieur, cabines doubles en pont principal, cabines doubles et triples en pont inférieur), mais toutes sont extérieures (avec sabords ou hublots selon la catégorie) et ont une salle d'eau privée.

Salle à manger
Salon-bar
Bibliothèque
Cabine standard

Pendant 4 000 ans, des générations successives d'hommes se sont adaptées au rude environnement Arctique, développant diverses cultures qui ont laissé des traces jusque dans notre... langue : le kayak, la(ou le) parka, le husky, l'anorak, l'igloo, pour n'en citer que quelques-uns, sont des termes que nous leur avons empruntés. Ce voyage à la découverte de l'Arctique permettra de suivre ces 4 000 ans d'histoire de ces peuples Arctiques.


Découverte de l'itinéraire

Navigation de découverte d'une nature grandiose, elle sera également une occasion de lier connaissance avec les Inuits, ces aborigènes du froid, autrefois appelés les Esquimaux. Le soir, devant le feu, il faut les écouter évoquer le tragique destin de leur déesse de la mer, Sedna... dont le sacrifice donna naissance aux "puissances de l'eau" : saumon, baleine, ours blanc, bélouga, morse, phoque, etc.

 
Après deux jours passés à Montréal et deux jours à Québec, l'embarquement à bord du LYUBOV ORLOVA se fera à Iqaluit, capitale du Nunavut, territoire autonome des Inuits depuis 1999.
 
 

Principales escales :

Cf. carte grand format ci-contre
• Ile de Qikiqtarjuaq
• Terre de Baffin
• Fjord de North Arm
• Pond Inlet
• Ile de Bylot

• Détroit de Lancaster
• Ile de Beechey

En cliquant sur les figures ci-contre (comme sur toutes celles de cette page), vous obtenez des images grand format.


Iqaluit se situe au sud de l'Ile de Baffin, au fond de la baie de Frobisher. En inuit, Iqaluit veut dire "poissonneux".

L'île de Qikiqtarjuaq (au centre de la photo satellite ci-dessous), proche de la côte de la Terre de Baffin, couronnée de glaciers, offre un paysage de montagnes particulièrement pittoresque. La baie abrite une grande quantité de mammifères marins : phoques, narvals (encore appelés licornes de mers, cf. deuxième photo ci-dessous), morses (troisième photo), etc. Une des spécialités locales est la fabrication des vêtements inuits en peaux de phoques (parkas, bottes, etc.).


L'Île de Baffin (Qikiqtaaluk en inuit) est située à l'extrême nord-est du Canada. C'est l'un des joyaux naturels de ce pays. Avec plus de 500 000 km2, c'est la plus grande ile du Canada. On y trouve quelques-unes des formations glaciaires les plus impressionnantes du pays, avec des glaciers qui descendent jusqu'à la mer. Terre par excellence des Inuits, elle appartient au territoire de Nunavut. Son nom est associé à celui de l'explorateur William Baffin qui découvrit l'île au début du XVIIe siècle. Il avait en fait été précédé par un autre explorateur, Martin Frobischer, qui laissera son nom à la baie sur laquelle donne le port d'Iqaluit où l'on aura embarqué (cf. ci-dessus). Un débarquement dans un coin retiré de l'un des fjords de l'ile est prévu.

Photos Google Earth (de plus en plus zoomées) de la Terre de Baffin
Un des fjords de Baffin vu d'avion

Des baleines à bosse, des baleines franches du Groenland (encore appelées baleines boréales)... décrites par Herman Melville dans "Moby Dick", des petits rorquals (7 à 8 m de long quand même) s'aventurent parfois près des côtes de l'Ile de Baffin. C'est donc aussi l'une des attractions touristiques de cette île, renommée également pour ses sculptures en serpentine (silicate naturel de magnésium, richement veiné de vert).

Baleine à bosse
Petit rorqual
Un exemple de l'art de l'Ile de Baffin (morse sculpté par Osuitok Ipeelee)

Le fjord de North Arm est lui situé au nord du Labrador, parmi des paysages grandioses de glaciers, vallées glaciaires, cascades, datant de la dernière glaciation. Le site fait partie du parc canadien des Monts Torngal (qui signifie "lieu habité par les esprits" en inuit), chaîne de montagnes aux précipices abrupts en plein coeur du pays inuit. Une navigation sur la rivière Salmon jusqu'à un site de la période Thulé fait partie du programme de découverte.

Comme le montrent les images satellitaires (plus ou moins agrandies) ci-contre, Pond Inlet est situé au nord de la Terre de Baffin. Cette région est un haut-lieu des cultures Dorset et Thulé qui, présentes ici pendant des siècles, ont laissé de nombreux sites archéologiques.
Pond Inlet (Photos Google Earth)
Ville de Pond Inlet (à droite, photo B. Brubdege et E. Fisher)

La navigation dans cet océan Arctique se poursuit (cf. carte ci-dessous) vers l'Ile de Bylot.

Située au large de l'extrémité nord de la Terre de Baffin, au-dessus de Pond Inlet, l'Ile de Bylot est un sanctuaire d'oiseaux migrateurs et le site de nidification privilégié du faucon pélerin (ci-contre), du goéland blanc, de la mouette tridactyle à pattes noires, du guillemot de Brünnich ou encore de l'oie des neiges (cf. ci-dessous...100 000 oies passent l’été sur l’Île Bylot ! ). La plus grande partie de l'île fait partie du parc national canadien Sirmilik (qui veut dire, en inuit, "endroit des glaciers").
J. Kosack/PGC
Le détroit de Lancaster (cf. carte ci-dessus) est situé entre l'Ile de Baffin (au sud) et l'Ile de Davon (ou Devon, au Nord). Un courant d'eau douce et relativement chaude traverse ce détroit long d'environ 400 km (largeur de 100 km). Il est fréquenté par une multitide d'oiseaux et de nombreuses espèces de mammifères marins dont le phoque barbu, le béluga, etc. Si vous remarquez, à la surface de l'eau, une nappe de plancton rosâtre et grouillante... les baleines ne sont pas loin !

Située à l'extrême sud-ouest de l'Ile Davon, à environ 80 km à l'est de Resolute Bay, l'Ile de Beechey est stratégique. Depuis 200 ans, presque tous les navires qui ont pénétré dans l'extrême Arctique y ont fait escale. C'est là que l'explorateur anglais Sir John Franklin (1786-1847), avec ses deux navires, l'EREBUS (qu'il commandait lui-même) et le TERROR (commandé par le Capitaine Francis Crozier), et leurs 127 hommes d'équipage, passèrent deux années à la recherche du "passage du Nord-Ouest". Malheureusement, l'expédition tournera court. Après avoir quitté l'ile de Beechey, Franklin contourna l'Ile de Cornwallis puis descendit vers le Sud par le détroit de Peel, puis celui de Victoria. Mais là, les deux navires se trouvèrent bloqués par les glaces (en septembre 1846). Franklin et un certain nombre de ses compagnons décédèrent à cet endroit en 1847. Aucun homme ne reviendra de ce périple, mais les derniers survivants avaient, avant de mourir, effectivement ouvert le passage du Nord-Ouest.

Sir John Franklin
Zoom progressif sur l'Ile de Beechey (photos Google Earth)
J. Franklin (1)
(1) Crédit Photo Archives Nationales du Canada.

Le LYUBOV ORLOVA escalera à l'Ile Beechey, permettant de voir les vestiges de leur campement et les pierres tombales des compagnons de Franklin qui sont morts sur place. Des recherches récentes sembleraient dire qu'un certain nombre des membres d'équipage sont décédés suite à une ingestion massive de plomb dû à une mauvaise qualité des boîtes de conserves embarquées.

Et bien sûr, quelques jours seront réservés (avant l'embarquement) à la visite des villes de Montréal et de Québec.
Montreal downtown
Montreal Hôtel de ville
Montreal (photo Skyline)
Montreal marina (photo Y. Daigle)

La promesse d'une fabuleuse navigation répondant à l'appel du Grand Nord devrait être tenue...
seule l'aurore boréale n'est pas garantie à bord du LYUBOV ORLOVA !

LYUBOV ORLOVA (Photo Dean Porter)

 
Dernière mise à jour : 22.02.2010

© Françoise Massard  
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