Navigation sur l'Amazone entre Manaus (Brésil) et Iquitos (Pérou) — Janvier 2012
Françoise Massard

Cliquez sur les photos pour les agrandir


Vendredi 20 janvier 2012

Après avoir escalé toute la matinée d'hier à Foz do Jutai, nous avons remonté le Rio Jutai jusqu'à sa confluence avec le Solimões, puis avons continué de naviguer sur celui-ci pendant tout l'après-midi du 19.01 et durant toute la nuit du 19 au 20 (voir le cours du Solimões sur les cartes Google Earth ci-dessous, avec zoom croissant).


La distance séparant Foz do Jutai et Santo Antônio do Içá, notre escale d'aujourd'hui, est de 198 km (ou 107 milles). C'est aux environs de 6 h du matin, ce 20.01, que le VISTAMAR mouille en face de Santo Antônio do Içá. Il nous aura donc fallu près de 16 h pour parcourir nos 107 milles, soit une vitesse moyenne d'un peu moins de 7 nd, le navire devant en permanence lutter contre le courant puisque nous remontons toujours le Solimões (depuis notre départ de Manaus).



SANTO ANTÕNIO DO IÇÁ (Brésil)
Lat. 03° 06' S - Long. 067° 57' W   —    GMT – 4

Santo Antônio do Içá est une municipalité autonome depuis fin 1955. Auparavant, elle faisait partie – comme sa voisine Tonantins, à l'aval, fondée en 1865 – de Sao Paulo de Olivença, ville située plus à l'amont (cf. les diverses cartes ci-dessous). Les historiens brésiliens ne semblent pas connaître la date exacte de création de Santo Antônio do Içá, la date la plus souvent avancée étant 1831, mais la ville s'appelait alors Boa Vista. Elle prit son nom actuel en 1936, mais comme simple quartier de Sao Paulo de Olivença (jusqu'au 19.12.1955, date à laquelle elle devint une municipalité à part entière). Son nom vient, d'une part, de l'église Divino Espírito Santo do Tonantins (fondée en 1813) et de sa paroisse qui a donné naissance à la ville quelques années plus tard et, d'autre part, du Rio Içá (affluent du Solimões) qui la baigne.


Trouver un endroit avec assez de fond pour faire accoster les zodiacs fut la première mission de l'équipage du VISTAMAR. Il se fit guider pour cela par un villageois du nom de José Raimundo. C'est finalement sur un ponton consolidé par l'équipage (avec adjonction de quelques clous), mais boueux et glissant (il faut dire qu'il pleut lors de notre arrivée) que nous prenons pied à Santo Antônio do Içá, accueillis par un magnifique ara.


Santo Antônio do Içá est une petite ville brésilienne de près de 30 000 habitants. Elle est bien sûr située dans l'état d'Amazonas (le plus grand, rappelons-le, des vingt-six états constituant le Brésil), dans la Région administrative dite de Solimões Alto. La ville s'étend, au sein même de la forêt, sur un peu plus de 12 000 km², soit une densité de population de l'ordre de 2,5 habitants au km² ! Elle est située à une soixantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer. La température moyenne annuelle y est de 25 °C. Elle n'est accessible que par voie fluviale et distante de Manaus (capitale de l'Etat d'Amazonas) d'environ 1 200 km par le fleuve (890 km à vol d'oiseau).


Nous montons une rue perpendiculaire au fleuve (cf. photo supra), pour atteindre la rue principale de la ville. Contrairement à ce que laissent supposer ces premières photos, c'est une bourgade très vivante (au moins en centre-ville, comme nous le verrons un peu plus loin).


Les principales activités des habitants sont la pêche, le poisson étant la base de l'alimentation ici (les excédents sont exportés à Tabatinga, poissons-chats en particulier), l'élevage (vaches et porcs pour la production locale de lait et de viande, mais aussi moutons pour l'exportation de la laine et poulets pour la consommation locale), l'agriculture (principalement manioc, riz, maïs, canne à sucre, haricots, avocats, pommes de terre, piments de Cayenne, tabac et, pour les fruits, bananes, mangues, maraquias, papayes, oranges, mandarines, citrons, etc.). A cela, il faut évidemment ajouter l'exploitation du bois et des produits dérivés (latex, noix du Brésil, etc.). Le secteur secondaire est essentiellement représenté par des scieries et des briqueteries. Enfin, côté tertiaire, nombreux commerces de détail, quelques hôtels et restaurants, des agences bancaires et postales, divers ateliers de réparation, un hôpital (dont une spécialité est la lutte contre le paludisme… nous avons toutefois été prudents, mes amis et moi-même sommes tous sous traitement anti-paludéen depuis la veille de notre départ), etc.


Végétation luxuriante (la forêt est toute proche), rapaces et magnifiques fleurs comme toujours sous ce climat équatorial.



Nous voilà dans la longue rue principale. Ici, juste quelques-unes (montrées à titre d'exemple) des nombreuses boutiques qui s'étalent tout le long et de part et d'autre de cette rue. Traverser demande une grande attention tant les motos (individuelles ou taxis) sont nombreuses, parcourant la ville en tous sens.


Deux autres exemples de boutiques : vente de matériaux en tous genres et salon de coiffure.


Toujours sur la rue principale, l'une des églises de la ville (qui compte plusieurs édifices religieux, de diverses confessions). On notera la présence d'une batterie dans un coin de l'église. Il doit y avoir de l'ambiance lors des services religieux. La musique est d'ailleurs omniprésente dans les rues de la ville.


En centre-ville également, le petit cimetière.


Quelques photos "en vrac", prises dans des rues adjacentes : deux maisons particulières (la seconde doit être facile à entretenir… sa façade est entièrement carrelée), une école et un restaurant (extérieur / intérieur… l'heure du déjeuner est encore loin).


Je découvre par hasard un café Internet… je ne résiste pas à l'envie d'aller y faire un tour !


Fruits (bananes bien sûr, mais aussi mangues, papayes, maraquias, acerolas, baies de guarana, camus, citrons verts, etc.) et légumes (haricots, piments, tomates, etc.) à profusion dans les nombreuses boutiques tenues par des personnes souvent souriantes et fort aimables.


Poissons et brochettes sont également parfois proposés dans les mêmes boutiques ou sur des étals voisins. Ci-dessous à droite, paquet de ces fameuses "chataignes du Pará" ou "noix du Brésil" dont on a déjà parlé.


D'autres vues ponctuelles, au hasard de mes pérégrinations dans la ville (visite libre).


Nous rencontrons beaucoup d'enfants car ce sont les vacances scolaires. Ils sont pour la plupart très beaux, et tous nous gratifient d'un sourire magnifique. Ils adorent être photographiés et rient aux éclats quand on leur montre leurs photos. Ils sont évidemment ravis, comme tous les enfants du monde, quand on leur donne des paquets de bonbons.



Appareillage de Santo Antonio do Içà (Brésil)

En rejoignant le zodiac pour ré-embarquer, je croise un habitant du village : la pêche a été bonne, semble t-il. Tous les passagers remontés à bord à 11h30 ce 20.01.2012, le VISTAMAR appareille peu après midi. Notre route doit nous mener à Tabatinga (Brésil) située à 200 milles (370 km) à l'amont.


Nous quittons notre mouillage, prenant progressivement de la vitesse tout en longeant la bourgade de Santo Antônio do Içá.

         

On notera, sur la photo de gauche ci-dessous, un important stockage de bouteilles de gaz. En effet, le Brésil est le plus grand marché de GPL d'Amérique du Sud, avec près de 5 Mt de GPL par an conditionné en bouteilles qui sont utilisées pour la cuisson des aliments par 95 % des foyers brésiliens. Sur la photo, il s'agit d'un stockage de la société Fogás, qui couvre l'Amazonie avec son concurrent AmazonGás (d'autres compagnies alimentent le reste du Brésil, comme Copagáz, Consigáz, Liquigás, etc.).

         

Comme nous l'avons dit, notre prochaine escale est Tabatinga, située au Brésil mais ville-frontière entre le Brésil, le Pérou et la Colombie. Nous n'y serons demain en début d'après-midi eu égard à la vitesse du VISTAMAR qui navigue toujours à contre-courant du Solimoes. Peu de rencontres hormis des pirogues ou des passeurs qui relient une rive à l'autre ou entre eux les petits villages dispersés le long du fleuve, transportant personnes ou matériels.


De bonnes cartes, de bons instruments de navigation et surtout de bons pilotes sont indispensables pour naviguer sur ce fleuve parsemé d'ilôts plus ou moins recouverts selon la hauteur d'eau (qui, rappelons-le, peut varier jusqu'à 15 m à certains endroits entre la saison sèche et la saison humide).


Prochaine escale (21.01.2012) : Tabatinga (Brésil) - Léticia (Colombie)

Page précédente
Dernière mise à jour - 28.09.2014

© Françoise Massard  
  www.cargos-paquebots.net