De Vancouver à Pékin à bord du DIAMOND PRINCESS (septembre 2010)
Françoise Massard

 
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SKAGWAY (Alaska, Etats-Unis)

Mercredi 15 septembre 2010

Skagway Skagua ou encore Shgagwèi en langue Tlingit (tribus indiennes qui étaient installées sur la côte sud-est de l'Alaska et sur les îles qui lui font face) — et qui signifierait "ville du vent", se trouve à environ 160 km au Nord de Juneau (la capitale de l'Alaska, on l'a déjà dit). Cette ville de 800-900 habitants permanents se trouve, comme le montre la carte ci-contre, au bout du Taiya Inlet qui est l'extrémité nord du Lynn Canal. Au creux d'une étroite vallée glaciaire, c'est le point le plus septentrional du fameux Inside Passage (Southeast Alaska), ensemble de canaux entre le continent américano-canadien et les centaines d'îles qui bordent la côte tout le long de l'Alaska (un peu l'équivalent du "Canal de Beagle" de l'autre côté du Globe Terrestre). Ce "passage intérieur" permet d'aller de Skagway jusqu'à Seattle (à près de 200 km au sud de Vancouver), soit environ 1 000 milles plus bas (un peu plus de 1 800 km plus au sud donc).
Skagway s'est développée en moins de trois ans, entre 1897 et 1900, quand les premières pépites d'or furent trouvées dans les ruisseaux se jetant dans la rivière Klondike (Yukon, Canada).

C'est la fameuse "Klondike Gold Rush" dont le point de départ est l'accostage à Seattle, en juillet 1897, du vapeur PORTLAND. A son bord, des individus transportant des sacs d'or (ramassé l'été précédent) qui affirmaient avoir découvert le plus grand champ aurifère jamais trouvé. Un autre navire, l'EXCELSIOR, avait rejoint San Francisco et certains de ses passagers avaient fait le même discours. Il n'en fallait pas plus pour déclencher une véritable "ruée vers l'or" vers ces champs aurifères du Klondike qui étaient présentés comme pouvant donner du travail à plusieurs dizaines de milliers d'orpailleurs. Mais la progression et l'installation sommaire dans ces rudes contrées nordiques de l'Alaska et du Yukon n'allaient pas être une partie de plaisir. Les historiens estiment à 100 000 le nombre d'aventuriers ("stampeders" comme ils sont appelés localement) venus tenter leur chance à Skagway - Klondike entre 1897 et 1900.

Capitaine William Moore
Mais seulement 30 ou 40 000 d'entre eux seraient arrivés jusqu'aux champs aurifères de Dawson City (Yukon), les autres ayant rebroussé chemin devant la difficulté de l'aventure ou ayant été décimés en route (froid, alimentation insuffisante, maladies, insécurité, etc.). Les premiers établissements de Skagway (en 1897), sur le site d'un campement indien, ne comprennent au début que quelques tentes et cabanes. Le premier a s'y être réellement installé (à l'embouchure de la rivière Skagway), car il pressentit ce qui allait se passer, fut le Capitaine William Moore qui venait de découvrir le White Pass Trail vers le Yukon. Un autre passage au départ de la région de Skagway permettait d'atteindre les terrains aurifères du Yukon (de Dyea au Lake Bennett) : le Chilkoot Trail (piste Tlingit), long d'une cinquantaine de kilomètres (cf. carte ci-contre).
Ainsi, le campement de Skagway devint vite une "ville" au développement fulgurant, avec de nombreuses batisses en bois : maisons d'habitation, commerces, hôtels, mais aussi "saloons" mal famés où les crimes sont fréquents ! (le plus connu des "gangsters" de l'époque est un certain Jefferson Smith, dit "Soapy Smith", mort en duel à Skygway en 1898 et dont la tombe se trouve dans le "Gold Rush Cemetery"). Les ressources aurifères se tarirent rapidement et cette ruée vers l'or dura peu. Aussi, de 10 000 habitants en 1898, la population de Skagway chuta brutalement, tombant à moins de 1 000 âmes (employés des chemins de fer et commerçants pour la plupart) à la veille de la Première Guerre Mondiale. Mais Skagway survécut grâce à son port et à la ligne de chemin de fer, ouverte en 1900, et qui reliait Skagway à Whitehorse.
William Moore et son fils Ben construisirent cette maison à l'emplacement de leur première batisse à Skagway. Ben l'a fit plus tard agrandir pour y loger sa famille. Aujourd'hui, cabane d'origine et maison d'habitation sont conservées par le "Klondike Gold Rush National Historic Park" (Moore Coll. UAF Rasmuson Library Archives).

Aujourd'hui, Skagway compte entre 800 et 900 habitants à l'année, chiffre multiplié par cinq ou dix durant l'été... quand il s'agit d'accueillir les milliers de croisiéristes. La principale activité économique de cette bourgade est en effet le tourisme, avec un nombre important de paquebots de croisières (jusqu'à 400 par an) qui y font escale (un maximum de 8 000 touristes fut un jour enregistré... dans une ville de 800 habitants !). A noter que Skagway n'est accessible depuis les autres régions de l'Alaska que par bateau ou avion et le chemin de fer fut longtemps l'unique moyen de rejoindre le Canada. Mais depuis 1978, la Klondike Highway a ouvert la région vers le Canada (Yukon, Nord de la Colombie Britannique, etc.). Ci-dessous, quelques vues du Skagway d'aujourd'hui.



Ci-dessous (deuxième photo en partant de la gauche), le Visitor Center & Museum.


Ne souhaitant pas me retrouver avec des milliers de touristes dans le petit musée local ou les quelques boutiques, je décide de découvrir la riche nature environnante en empruntant la "Klondike Highway", cette route (plus qu'autoroute) construite au milieu de nulle part ! Somptueux paysages de montagnes. Ci-dessous, on aperçoit le train qui reliait autrefois Skagway à Whitehorse (le White Pass & Yukon Route Railroad). Exploitée commercialement depuis 1900, la ligne fut fermée en 1982. Elle fut rouverte en 1988 mais le train circule uniquement durant la saison touristique (500 000 voyageurs l'empruntent annuellement pour parcourir les 45 km entre Skagway et Fraser, au Canada). Comme de la route, le paysage est parait-il grandiose (cascades, ponts au-dessus de gorges, vestiges du White Pass Trail, etc.).


La route que j'emprunte me fait passer sur un pont qui paraît bien fragile (... et la marche est haute), mais il n'en est rien évidemment. Ce pont suspendu traverse le Captain William Moore Creek, ruisseau (à cette saison, mais qui peut devenir un torrent à la fonte des neiges) situé 30 m plus bas. Ouvert en 1976, ce pont (59° 35' N - 135° 11' W), d'une longueur totale de 92 m, a une portée de 76 m pour une largeur de 8,5 m. Son trafic moyen (sur l'année) est de 500 véhicules par jour.


Somptueuses montagnes aux crêtes parfois curieusement dentelées, qui culminent à 6 000 - 6 500 m. Nombreux lacs et cascades.


Passage de la frontière américano-canadienne (avec vérification des passeports). Lacs glaciaires et crevasses dans les névés.


Ici vue sur le Yukon Suspension Bridge (reconstitué) qui traverse la rivière Tutshi.



 
Dernière mise à jour : 06.11.2010

© Françoise Massard
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